Pourquoi est-ce que je trouve tant de mots pour le moche, le laid, l’horreur, la peur, ce qui étouffe le cœur et qui ne nous laisse que superficiellement inhaler l’air frais qui nous entoure pendant que le bonheur me reste indescriptible ? Le bonheur m’échappe de bonne heure, l’acte atroce me suit comme mon ombre, sinistre et omniprésente.

Des cris aigus, des cris étouffés. Le plaisir et le malheur. Des larmes, j’en peux remplir un océan, mais quoi faire de ces sourires malséants ? Quoi faire d’une joie qui n’a pas jeté l’ancre sur cette terre dont je suis pourtant le jardinier. J’aime plus arroser que de prendre racine, pourtant il faudrait bien faire les deux. Et c’est pour cela qu’on doit le faire aujourd’hui : dire adieu aux dieux. Je suis responsable de mon bout de terre, ma parcelle que parsème du sable. Sans larmes, rien ne germe ni ne gémit ; sans soleil, le tout est anéanti.

Le vent souffle à pleine force, des rides sont visibles sur l’écorce. Une vie à jamais inscrite dans la tradition de l’effort, de la douleur et de l’essor. Tout pousse, rien ne se perd, la décadence est douce. Il faut de tout, le mal, le bon — hélas — ce n’est qu’une mousse.

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