Je suis venu te dire que je m’en vais. J’hésitais pour un moment, puis j’étais résolu. Cela fait des mois, la dernière fois que tu m’as offert un mot doux. Cela fait des années que je ne fais rien d’autre.

Je voulais être ton sauveur. Je choisis mes femmes comme ça. Je voulais être utile. La seconde où tu te sentais mieux, je ne savais plus quoi faire. Je me sentais superflu, je me sentais mal dans ma peau.

Je voulais pouvoir dire que j’ai fait du bien, sinon pour le monde, au moins pour toi. Mais t’aider, n’était-ce pas aussi ou même plutôt me nuire ?

Je voulais faire voler un cerf-volant sur la plage belge. Je voulais me promener au bord de la Seine, sans cette pensée ignoble de me noyer dans l’eau sale, presque brun.

Tu voulais avoir quelqu’un qui est là quand tu t’ennuies. Tu voulais avoir quelqu’un qui s’occupe de toutes les choses qui ne font pas plaisir : les impôts, les factures et tout ce bataclan.

Tu voulais jouer avec moi, me guider vers le plaisir, puis me le spolier. Tu aimais me présenter toutes tes conquêtes, ton petit album plein de photos de gens, interchangeables, qui t’ont fait du plaisir pour un moment. Tu les jetais de suite.

Alors je suis venu te dire que je m’en vais. Il m’a fallu des mois pour reprendre courage.

J’ai choisi délicatement les mots que j’irais te dire. Quand, d’un cœur lourd, je levais mes yeux de mon papier, tu disais : « OK ».

Je suis venu te dire que je m’en vais. Tu m’as montré que je n’étais nulle part de par où s’en aller.

 

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